Béatrice Libert

poésie, roman, récit, nouvelle, essai,
récital, peinture, collage...

À propos de "Lettres à l'intemporel "

Peintures de Max Eyrolle en couverture

Béatrice Libert s'est amusée, très sérieusement bien sûr, à imaginer ces lettres du point au i, d'une goutte d'eau à la mer, de lundi à dimanche, ou ses propres lettres à son poisson rouge, au printemps, à son jardin ou à une araignée qui occupe un rayon de sa bibliothèque à qui elle enjoint par écrit de bien vouloir quitter les lieux dans les plus brefs délais. Exercice de style, donc, mais qui permet de dire beaucoup sur soi ou sur l'autre, surtout quand l'autre est aussi inexpressif qu'un poisson rouge.
Ces lettres disent aussi le temps, les années qui passent (lettre au poney de mon enfance, lettre à ma maison natale) voire le siècle, quand le moulin écrit à Alphonse Daudet pour lui raconter l'horreur des visites guidées et du parking des visiteurs à ses pieds. Malgré le sourire affiché, c'est donc une douce mélancolie qui domine ces pages dont la moindre qualité n'est pas qu'elles soient absolument inclassables : récits ? fictions ? mots d'esprit ? autobiographie ?

© Alain Kewes, revue Décharge n° 151, septembre 2011.

Vingt-trois lettres dont certaines envoyées à Icare, à la neige, au point du i, au poisson rouge, à la nuit, à Alphonse Daudet de la part de son moulin… De l’humour, de l’imagination, voilà ce que nous offre Béatrice Libert.

"A l'heure où l'économie taraude emplois et comptes en banque, il y a, dans ce dénuement, de quoi inspirer nos sociétés malades du trop-plein. Je vous laisse songer à cela tandis qu'avant de rejoindre mes terres natales, je m'offre encore un détour par la ville de Diphtongue, une cité plus orientale. On m'en a dit beaucoup de bien ici. J'ai appris qu'elle est située au confluent du Diph et du Tong, à hauteur du Tropique de la Parole. Ses habitants s'appellent des Diphtonguiens. Leur spécialité, je vous la donne en mille : la linguistique théorique et appliquée. Ce peuple, dont l'origine se perd dans la nuit de l'oralité vive, parle un dialecte délicieux et rare : le diphtongais qui, comme son nom l'indique, est loin d'être triste."

De la nostalgie aussi :
"Chère maison pensive, comme une vieille parente à laquelle on s'accroche, tu gardes, sur le flanc du jardin, la bâtisse ancestrale d'une buanderie, vaste repaire d'insectes mutants, resserre de jardinier, entrepôt des vélos et sombre débarras. Sa mine entoilée d'araignées ne cesse de m'effrayer. Si le temps, qu'on dit vieux, a une odeur, ce doit être celle-là : indescriptible, mais péremptoire."

Béatrice Libert nous entraîne dans son parcours épistolaire avec beaucoup d’émotions, de poésie et la contrainte littéraire fait émerger de très beaux textes. Les lettres sont un excellent moyen de décrire la beauté d’un jardin, d’un paysage, d’un lieu, d’un animal, d’un être...

Un livre qui se lit avec grand plaisir. L’écriture poétique et humaine nous conduit au cœur du monde que l’on découvre sous de nouveaux angles.

© Brigitte Aubonnet, (24/10/10)
www.encres-vagabondes.com

Savoureux moment de lecture que Béatrice Libert nous offre avec ses "Lettres à l’intemporel". Peu importe que les destinataires en soient Adam et Eve, Icare, la neige, un poisson rouge ou bien simplement la nuit… l’essentiel est dans la formulation et la grande maîtrise de l’auteur en ce domaine. Ce livre multiplie les trouvailles, déterre le détail insolite, couronne ce monologue qui, peu à peu, pas à pas, prend à partie le lecteur, l’entraînant dans un dialogue dont il demeure le partenaire privilégié.
Comédienne et poète, Béatrice Libert est un écrivain que l’on aime, que l’on suit pour sa force de création, pour la fluidité de son propos et le sérieux de ses écrits.
Avec "Musique de chambre", Libert nous convie à une amoureuse rencontre où un homme et une femme s’adonnent au plaisir sans fard. C’est palpitant d’authenticité et totalement dépourvu d’hypocrisie. L’acte d’amour est pratiqué comme tout autre acte de l’humaine nature, avec, en plus, cet élan mystérieux que la passion décuple. Pas de détails salaces ici, pas de basse pornographie, mais une vérité où chacun d’entre nous peut se reconnaître. "Musique de chambre" rythme les pulsions du plaisir avec cette poésie que seuls les véritables créateurs savent gérer avec tact.
"Fais-moi mourir juste un peu, suppliait-elle, plus grise, plus nue, plus une… non plus innombrable que jamais !" Béatrice Libert, une fois encore, nous séduit, nous intéresse et nous passionne.

© Jean Chatard, Revue Diérèse.

Voilà, voilà, ce que je veux vous dire

Béatrice Libert aime écrire. Des poèmes, des récits, des nouvelles, des essais. Mais aussi des lettres. Comme autrefois pour beaucoup d’entre nous peut-être, avant l’usage immodéré du courriel. Elle en écrit beaucoup et des plus sérieuses au plus fantaisistes. Que les destinataires soient réels ou inventés, concrets ou symboliques, elle a quelque chose à dire à chacun. Ces messages, elle les a rassemblés dans un recueil et pour éviter de les dater ou pour prolonger le plaisir de la lecture, elle a intitulé celui-ci Lettres à l’intemporel. Ce qui lui permet de s’adresser tant à Daudet qu’à son propre jardin, à Icare ou à une araignée, à sa modeste Meuse comme à l’océan. Elle s’adresse même à Dieu pour lui dire en toute liberté sa manière de penser, de douter. Comme elle n’aime pas trop l’empois des mythes, elle les apprivoise et se sent parfaitement à l’aise pour rédiger les mots doux que s’envoient Ève et Adam. Le lecteur n’est pas oublié dans cette correspondance : il est cité et a droit à un avant-propos ou il est toujours là, dans l’ombre des destinataires invoqués, comme un complice inévitable.

© Jeannine Paque, Le Carnet et les Instants, automne 2010.












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