Béatrice Libert

poésie, roman, récit, nouvelle, essai,
récital, peinture, collage...

A propos de "L’instant oblique"

Editions L’Oreille du Loup, 10 euros

S’interroger sur l’écriture, la trace que le mot laisse dans une vie, c’est pour Béatrice Libert comme pour tout poète chercher à savoir ce que devient l’enfant qui la hante "depuis la première aube". Elle se voit parcourir tous les âges du poème : le temps des fables et celui des sortilèges jusqu’à l’instant oblique où, renonçant à conjurer les interdits, à recoudre les blessures, elle consent à s’abandonner sans masque et sans bâillon à la vérité unique du poème. Et en effet, le voici tout brûlant qui fait le constat cruel de ce qui n’est plus ou simplement de ce qui manque, et on lui sait gré, au bout du compte (du conte ?), d’être la meilleure façon de s’accaparer le monde : "Tu marches / et c’est le pays traversé qui /met des ailes à ton identité". Il dit qu’on est ce qu’on devient. Il faut marcher (à chacun sa transhumance). Tant pis si la mort "fleurit" sur le chemin. Béatrice Libert nous en avertit : "A la fin du poème / c’est comme si je mourais / un papillon sur l’épaule".

© Jean-Paul Giraux, Poésie/première n°45, Paris, 2009






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